MONUMENTS ORDINAIRES ET NOUVEAUX VESTIGES
Galerie 29, rue de Couéré – Châteaubriant
Présentation de l’exposition par Clémence Nicloux, médiatrice culturelle
Hélène Delépine a effectué son cursus à l’École Supérieure des Métiers d’Arts d’Arras, puis à l’École Nationale Supérieure d’Art de Limoges. Après plusieurs années passées en Limousin, elle s’est installée à Nantes où elle vit et travaille depuis 2018. En 2024, elle est lauréate du prix des arts visuels de la Ville de Nantes. Le travail d’Hélène Delépine est un jeu de construction qui lie la céramique et l’architecture. Dans son carnet de croquis, elle reproduit les formes des bâtiments, une toiture, un escalier, une cheminée. Ses dessins au trait révèlent les singularités de notre environnement. Hélène Delépine donnera un atelier « Empreintes, assemblages et petits volumes en terre » samedi 8 février de 10h30 à 12h30 à la Galerie 29. L’artiste intervient auprès de trois classes du territoire dans le cadre d’un Parcours d’Éducation Artistique et Culturelle qui a pour thème « variations et transferts de paysages », actions soutenues par l’État – Drac des Pays de la Loire et le Département de Loire-Atlantique dans le cadre du Projet Culturel de Territoire Châteaubriant-Derval.
Le dernier crépuscule
2022 – modelage à la plaque, grès chamotté sable, cristal dichroïque, sycomore, bouleau, sable – h. 93 x L. 240 x l. 120 cm – réalisé avec le soutien de la Région des Pays de la Loire et du Frac des Pays de la Loire, en collaboration avec Arcam Glass et MilleFeuilles
Ces pièces s’inspirent des constructions sur l’île de Nantes. L’artiste superpose différents éléments, rejouant un principe de construction basé sur l’assemblage et la combinaison de modules répétés. Les modules fonctionnent en complémentarité, la base en grès est mate et rugueuse, l’élément en verre dichroïque est lisse, brillant et transparent. Cette matière se teinte différemment selon la lumière qui l’éclaire.
Ophelia
2018 – photographie et montage numérique, papier photo mat, impression laser, contre-collage sur PVC blanc
Ophelia est une série qui a pour origine la captation de phénomènes météorologiques provoqués par le passage de l’ouragan Ophelia en octobre 2017, observés à Nantes. Le ciel s’est teinté d’un jaune orangé, la tempête apportait dans l’atmosphère, de fi nes particules de sable venues d’Afrique. La déambulation dans l’environnement quotidien est devenue extraordinaire l’espace de quelques instants. Hélène Delépine réalise un photomontage des bâtiments, alors en cours de construction. Cette composition en miroir trompe notre compréhension de la perspective, nous plongeant dans une étrange ambiance post-apocalyptique.
Sans titre (pérégrinations)
croquis, dessins au trait à main levée, feutre noir sur papier 90g
« La pratique graphique d’Hélène Delépine alimente la conception de ses volumes en céramique. Le travail préparatoire consiste, pour elle, à exécuter des croquis sur place, en extérieur, face à des constructions. Ses dessins au trait, linéaires, constitués de lignes droites, horizontales, verticales ou diagonales révèlent une forme architecturale, le pourtour d’une façade, la forme d’un toit, d’une ouverture. Elle s’attache uniquement aux lignes de construction et aux proportions du monument sans relever aucun détail architectural. À partir de ces points de vue dessinés en perspective frontale ou cavalière, elle réalise des édifices en terre à une échelle réduite. […] Le répertoire de formes architecturales ainsi créé, incite à une réflexion autour du bâtiment banal ou patrimonial. Pour mieux révéler le réel, l’artiste en construit des formes abstraites. »
Texte de l’exposition Construire, corrélations entre le dessin et la céramique ; Du dessin au volume de Clotilde Boitel, octobre 2023
MO&NV
2024 – série de 16 sculptures – tournage, modelage à la plaque, estampage – terre du Fuilet, grès blanc chamotté, grès gris chamotté, grès noir chamotté, grès de Puisaye, engobe, émail – réalisé avec le soutien du Centre d’art contemporain du Pays d’Ancenis Le MAT
En 2024, Hélène Delépine a été invitée par le MAT – Centre d’art contemporain du Pays d’Ancenis pour une exposition itinérante intitulée Dans l’épaisseur du sol. Pour Hélène Delépine, la déambulation dans les communes du Pays d’Ancenis, entre Mouzeil et Pouillé-les-Côteaux, a été fondamentale pour appréhender le territoire. Elle est remontée vers le nord et s’est aussi inspirée du patrimoine bâti du Pays de Châteaubriant. L’observation des paysages lui a permis de relever les similitudes entre certains sites, ou à l’inverse les différences qu’il peut y avoir. Elle a arpenté le territoire et a réalisé des photographies et des croquis qu’elle a ensuite retravaillé dans son atelier. Les sculptures font écho à l’architecture spécifique du territoire : toiture, château d’eau, cheminée à minerais, église à toit pointu, etc. Les couleurs choisies font référence aux matériaux : rouge brique – beige pierre – gris métal – noir ardoise et bois.
