

























































Constant Struggle
Constant Struggle est l’exposition des artistes lauréat.e.s 2024 du Prix des arts visuels de la Ville de Nantes, Antoine Caclin, Gaëlle Cressent, Hélène Delépine, France Parsus, sous le commissariat d’exposition assuré par Émilie Flory.
Du 4 juillet au 6 septembre 2026 – L’Atelier – 1 rue Chateaubriand – 44000 Nantes
En pensant cette exposition d’Antoine Caclin, Gaëlle Cressent, Hélène Delépine et France Parsus, les mots d’Angela Davis — figure des luttes pour la justice sociale — m’arrivent et font titre : Freedom is a constant struggle. Les quatre artistes portent un regard sur le monde qu’il me plaît de définir comme politique. Avec attention, engagement, altruisme, humour ou détournement, iels observent, révèlent, activent, collectent : objets, images, formes, gestes, habitus, sensations, lignes, mots.
Constant Struggle fait danser ces archéologies en un tissage multiple. L’art comme réponse à l’incertitude du monde. Œuvrer pour les droits, la justice, le beau, la joie, les libertés, les envies, l’équité ; batailler pour l’enchantement, l’espoir et les poésies du quotidien. Constant Struggle comme une chanson contestataire, la scansion des combats collectifs, intimes et universels.
— Émilie Flory, commissaire
Hélène Delépine a le rire normand,
Elle choisit ses terres comme les peintres leurs couleurs,
Investit les invisibles et connaît l’eau magique,
Tronque les arcades,
Sculpte, dessine, collecte les lignes de crête,
Possède un pull ciel qui moire les images,
Permet à des céramiques de carillonner,
Modèle, accorde, rassemble,
Reste attentive aux luttes et ne galvaude pas les mots.
Je suis entrée dans le travail d’Hélène par la personnification. Il m’a fallu un temps pour qu’aux côtés de la joie que son oeuvre éveille, me cueille un souffle de tragique. Ses oeuvres portent une poésie de collecte, une tendresse de choix, le trait, la redécouverte — objet, détail, bribe, trouée. Des formes perdues de vue dans une effervescence urbaine, jugées inutiles, architecturalement relégables. Certaines émanent d’une friche, d’une ruine en devenir, d’autres d’une émotion sur un sentier abandonné. Il garde les vestiges de gestes humains tandis que la faune et la forêt reprennent le terrain ; avec ce que cela convoque de dystopique. Évocation de la disparition, philosophie de la perte.
Il y a la vie avec et la vie contre, constante lutte.
Les croquis s’affirment, s’érigent en volume ou prennent une dimension Gullivérienne. J’aime comment elle traite l’agencement du blanc, les suspens, la ligne laissée au vide. Il me plaît de sentir les mains de l’artiste face à ses oeuvres. Le travail d’Hélène est de ceux-là. Elle compose, associe des pièces existantes pour en faire naître de nouvelles. C’est là que je vois une communauté, des personnalités. Les plus petits (1) entravent les géants. Taxinomie disruptive, procession surréaliste.
Pour Constant Struggle, Hélène confirme les dialogues entre dessin et volume. Mural, céramiques et composition lumineuse (2) ouvrent de nouveaux imaginaires.
Être aux choses. Garder le coeur ouvert.
Émilie Flory
1. OEuvre Les Feus lotis.
2. Installation Sur la clarté équivoque d’un crépuscule.
Oeuvres et installations présentées à l’occasion de cette exposition :
Sur la clarté équivoque d’un crépuscule
céramiques, terre cuite, modelage et assemblage à partir de faîtages, PAR LED, DMX – 2026 – sculptures réalisées avec le soutien du Ministère de la Culture et DRAC Nouvelle-Aquitaine, en partenariat avec Au beau MilLieu – tiers-lieu, Tegulys – artisan tuilier, centre d’art contemporain de Meymac dans le cadre du dispositif de résidence Art et Mondes du travail – 2024 ; installation lumineuse réalisée en partenariat avec France Dubois – 2026
Sans titre (pérégrinations)
dessins, encre sur papier – travail au long court depuis 2016
Les feus lotis
céramiques, grès chamotté, modelage par estampage et à la plaque – 2018, 2019
Ce qui reste (#25-10, #25-4, #26-4, #25-8, #26-2, #26-5, #25-12)
céramiques, grès chamotté, modelage à la plaque – 2025, 2026 – réalisées avec le soutien de La Gâterie et de la Ville de Couëron
Lumières aveugles
diptyque, céramiques, grès chamotté, émail, modelage à la plaque – 2020 – réalisé avec le soutien de l’association Le MUR et de l’ADAGP
Contrordre
système modulable, bouleau, frêne, inox – 2026 – réalisé en partenariat avec l’Atelier Chuuut avec le soutien de la Ville de Nantes – céramiques, grès chamotté, modelage à la plaque – travail au long court depuis 2022
Temple d’Authion (pavillons) – L’éphémère et l’éternel (la pierre) – Ce qui reste #25-1, #25-2, #25-5, #25-6, #25-7, #26-1 #26-3, #26-12 – Ce qui reste (Sur le sentier des lauzes) #26-13, #26-14, #26-15, #26-16 – réalisées avec le soutien du Frac des Pays de la Loire, de la Région des Pays de la Loire dans le cadre de la résidence Entre les Murs – Abbaye Royale de Fontevraud, de La Gâterie, de la Ville de Couëron et de l’association Sur le sentier des lauzes dans le cadre de la résidence LABO
crédits photographiques : Grégory Valton
